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8 décembre 1965 :
clôture du Concile Vatican II
Aujourd'hui,
nous touchons au terme du second Concile œcuménique du Vatican.
Les documents conciliaires,
principalement ceux qui traitent
de la Révélation divine, de la liturgie, de l'Église,
des prêtres, des religieux, des
laïcs, laissent clairement transparaître cette intention
religieuse, directe et primordiale, et montrent combien limpide,
fraîche et riche est la vie
spirituelle que le contact
vital avec le Dieu vivant fait jaillir dans le sein de l'Église et, de
l'Église, se répandre sur le sol aride de notre terre.
Jamais peut-être comme en cette occasion, l'Église n'a
éprouvé le besoin de connaître, d'approcher, de comprendre,
de pénétrer, de servir, d'évangéliser la société qui
l'entoure, de
la saisir et pour ainsi dire de la poursuivre dans ses
rapides et
continuelles transformations.
Cette
attitude, provoquée par l'éloignement et les ruptures
qui séparèrent l'Église de la civilisation profane au
cours des siècles derniers,
surtout au XIXe et en notre siècle,
et toujours inspirée par la
mission de salut qui est essentielle à l'Église, a fortement
et constamment fait sentir son influence dans le Concile : au point de
faire naître chez certains le soupçon qu’à cause de l’influence de la
doctrine du « relativisme » un excès de tolérance et de
considération pour le monde
extérieur, l'actualité qui passe,
les modes en matière de culture,
les besoins contingents, la pensée des autres aient prévalu
chez certains membres du Concile
et dans certains de ses actes, au détriment de
la fidélité due à la tradition et
aux finalités de l'orientation
religieuse du Concile lui-même.
Pour Notre part, Nous
n'estimons pas qu'on puisse taxer de pareille déviation ce
Concile, en ce qui concerne ses véritables et profondes
intentions et ses
manifestations authentiques.
L'Église du Concile, il est vrai, ne s'est pas contentée
de réfléchir sur sa
propre nature et sur les rapports qui l'unissent à Dieu : elle s'est
aussi beaucoup occupée de l'homme,
de l'homme tel qu'en réalité il se présente à notre
époque : l'homme vivant, l'homme
tout entier occupé de soi,
l'homme qui se fait non seulement le centre de tout ce qui
l'intéresse, mais qui ose se prétendre le principe
et la raison
dernière de toute réalité.
Mais il est bon de noter ici une chose : le magistère
de
l'Église, bien qu'il n'ait pas voulu se prononcer sous forme
de sentences
dogmatiques extraordinaires, a étendu son enseignement autorisé à une
quantité de questions qui
engagent aujourd'hui la conscience et l'activité de l'homme;
il en est venu, pour ainsi dire, à
dialoguer avec lui; et tout en conservant toujours l'autorité
et la force qui lui sont propres, il a pris la voix familière et amie
de la charité pastorale, il a désiré se faire écouter et comprendre de
tous les hommes; il a
parlé à l'homme d'aujourd'hui, tel qu'il est.
Qu'on ne déclare donc jamais inutile une religion comme
la religion catholique qui, dans
sa forme la plus consciente et la plus efficace, comme est
celle du Concile, proclame qu'elle est tout entière au service du bien
de l'homme. La religion
catholique et la vie humaine réaffirment ainsi leur alliance, leur
convergence vers une seule réalité humaine : la religion
catholique est pour l'humanité; en un certain sens, elle est la vie de
l'humanité. Elle est la vie, par
l'explication que notre religion donne de l'homme; la seule
explication, en fin de compte,
exacte et sublime. (L'homme laissé à lui-même n'est-il pas un
mystère à ses propres
yeux ?)
Et alors, le Concile tout entier se résume finalement
dans cette conclusion religieuse : il n'est pas autre chose qu'un
appel amical et pressant qui convie l'humanité à retrouver, par la
voie de l'amour fraternel, ce Dieu dont on a pu dire :
S'éloigner de lui, c'est
périr; se tourner vers lui, c'est ressusciter; demeurer en lui,
c'est être inébranlable; retourner à lui, c'est
renaître; habiter en lui, c'est vivre.
(Saint Augustin,
Solil. I, 1, 3; PL 32, 870.)
Voilà ce que Nous espérons au terme de ce second
Concile œcuménique du Vatican et au début de l'entreprise de
renouvellement humain et religieux qu'il s'était proposé d'étudier et
de promouvoir, voilà ce que Nous espérons pour nous-mêmes, vénérables
Frères et Pères de ce même Concile, voilà ce que nous espérons pour
l'humanité tout entière qu'ici nous avons appris à aimer davantage et
à mieux servir.
Paul VI
Extraits du Discours du Pape Paul
VI à la fin du Concile Vatican II (1962-1965)
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