Eglise Saint-Ignace

église des jésuites à Paris                 


FOI ET CULTURE

La revue Etvdes change de rédacteur en chef : le Père Henri Madelin passe le relais au Père Pierre de Charentenay. A cette occasion nous reprenons quelques extraits de son dernier éditorial aux lecteurs de la revue pour souligner une dimension de la mission de la Compagnie de Jésus dans le dialogue de la culture et de la foi.

A l’instar d’autres revues et dans l’environnement du livre, Etvdes, « revue de culture contemporaine », fait le pari régulier d’offrir à ses abonnés et à ses lecteurs tous les registres d’une « mémoire vive ».

Chaque mois, nous cherchons à ouvrir avec vous le grand livre du monde, à l’aide d’auteurs que nous sentons capables de le faire pour vous. Notre but : discerner des enjeux, expliquer des genèses, éclairer des débats, inscrire des perspectives. Au lecteur, dans la liberté qui est la sienne, d’entrer dans ces univers culturels et de les habiter à sa façon. Etre nourri de culture, c’est résider dans la maison de l’homme, se fortifier, se déplacer, migrer vers des lieux jusque-là insoupçonnés. Oser se risquer dans le partage avec d’autres, ces « étrangers », ces « voleurs » dont parle Michel de Certeau, qui viennent nous déposséder… pour notre bien et le leur. Grâce de l’altérité reconnue, celle qui désaltère.

Chaque mois, nous avons combattu, avec un certain succès qui est notre fierté, à réouvrir les fondements d’une histoire de notre culture où la religion tient une place indéniable. Notre fierté est d’avoir quelque peu contribué à « naturaliser » notre position dans le débat public au cœur de la laïcité ouverte qui est le référent de notre action.

La force des Etvdes, c’est qu’on peut, à chaque livraison, y pénétrer comme dans une vaste demeure, en visiter quelques pièces, y revenir à loisir, se laisser porter par un certain courant, se réjouir d’apprendre encore, se sentir investi par de nouveaux désirs.

L’histoire des Etvdes n’est pas d’abord celle de ses rédacteurs en chef. Elle est surtout le reflet de l’aventure d’un ordre religieux dont elle constitue un miroir grossissant. Depuis cinq ans, elle se poursuit en partenariat avec Bayard-Presse pour assumer la suite d’une longue histoire commencée en 1856.

Dans l’Eglise aujourd’hui, nous occupons le versant culturel, celui des hommes et des femmes en travail de cohérence dans l’aujourd’hui et qui se transforment au contact de réalités incontournables. A la cime de nos sommaires, nous avons inscrit une parole de Jésus à Nicodème dans l’Evangile de Jean : « Comment entendrez-vous les choses d’en haut si vous n’entendez pas les choses de la terre ? » La foi est le sel de la terre selon l’Evangile. Nous complétons en ces temps troublés en disant que la réalité de la terre doit constituer le sel d’une foi vivante. Autrement c’est la marginalisation de la foi qui nous menace.

Certitude acquise et partagée par la Rédaction que le spirituel est indissociable du charnel, au nom de la fidélité à l’incarnation du Christ.

Père Henri Madelin sj

Extraits du dernier éditorial (novembre 2004)

et de l’intervention lors de la passation.

ETVDES, 14 rue d’Assas, Paris 6°