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Il est temps de penser à Dieu
A l’occasion d’une session en Ile de France et de la présence d’une vingtaine de catholiques allemands, venant de conseils pastoraux du diocèse de Cologne, à St Ignace le dimanche 4 mai à 11h, nous
reprenons la lettre dans laquelle le Cardinal Karl Lehmann, évêque de Mayence et président de la conférence épiscopale d’Allemagne, répond à la lettre du Pape Jean-Paul II aux évêques allemands.
Très saint Père, la première urgence est à mes yeux une annonce radicalement
approfondie de Dieu. Il est temps de penser à Dieu : j'ai voulu expressément mettre ce mot de l'écrivain russe Andrej Sinjawski en exergue à un livre avec des questions sur la présence de l'Église d'aujourd'hui. Il s'agit
de l'Unique nécessaire dont parle Jésus dans l'entretien avec Marthe et Marie. Il y a en même temps en cela une tâche tout à fait décisive, celle de promouvoir un nouveau témoignage de notre foi. Nous avons encore bien trop peu
réfléchi au fait que non seulement dans les nouveaux Länder de la République fédérale (l’ancienne RDA), mais également de plus en plus en Occident, il y a toujours plus de générations, surtout de jeunes, qui essaient de donner
forme à leur vie sans rien connaître de la foi chrétienne. En vue, aussi, de l’unité des chrétiens, nous avons d’abord besoin d’une nouvelle conscience missionnaire.
Les chrétiens aujourd’hui doivent se montrer radicaux justement dans ce souci de
l’inviolabilité de la vie, non seulement dans la lutte contre l’avortement, dans la défense du droit à la vie de l’enfant à naître, dans le conseil et l’aide aux grands malades et aux mourants, qu’il nous faut accompagner
dignement à la dernière étape de leur parcours terrestre. Dans ces débats sur les problèmes de ce qu’on appelle la bioéthique, de graves décisions sont à prendre qui concernent le destin futur des hommes non seulement dans nos
pays mais pour toute l’humanité.
Nous autres catholiques allemands, devons toujours être conscients que nous vivons
dans un pays d'où est partie la division de la foi et de l'Église en Occident. Dans une situation où catholiques et protestants sont presque en nombre égal, les problèmes qui affligent la chrétienté divisée se font sentir de près
chaque jour et partout. Notre situation se distingue en cela de celle d’autres pays et régions où existe une claire majorité ou minorité d’une des deux communautés de foi. Nous vous sommes donc tout particulièrement reconnaissants
d’avoir durant tout votre pontificat fait retentir avec force et de manière à être entendu de tous, l’appel du Seigneur à l’unité de l’Eglise. Beaucoup de questions, spécialement sur la conception de l’Eglise et du ministère,
continuent d’être pour nous un vrai casse-tête, mais nous connaissons aussi sur ce point d’importants rapprochements. On arrive à s’entendre également en bien d’autres domaines. Je suis en mesure de relever avec joie et gratitude
les nombreuses déclarations et publications communes sur les questions sociales et les problèmes de société, de même que le grand nombre de célébrations liturgiques qui sont devenues possibles ces dernières années et qui tendent à
être plus riches de contenu.
Cardinal Karl Lehmann
Extraits de la Documentation Catholique, n°2266.
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