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Jésuites de la Nouvelle France
Jean de Brébeuf, Gabriel Lallemant, Antoine
Daniel, Charles Garnier, Noël Chabanel,
Isaac Jogues,
René Goupil, Jean de Lalande.
C’est le début du XVIIe siècle, jésuites, ils
ont 30 ans
et partent évangéliser les Hurons dans les terres du Nouveau Monde
qui sont aujourd’hui le Canada et la région de
New York.
Le 5 août 1653 : « Voulant
écrire à votre Révérence, j’ai douté d’abord en quelle langue je le ferais, car, après une si longue interruption, j’ai presque oublié le latin et le français, et j’éprouvais autant de difficulté dans l’un que dans l’autre. (…)
Cette extrême charité de votre Révérence, qui excusait autrefois la multitude de nos fautes, pardonnera, si un homme devenu barbare depuis huit ans déjà par l’usage et habitudes, et de plus maintenant par le mode de vie et le
vêtement, commet quelque faute contre les lois de la forme et du langage. »
L’homme qui s’excuse ainsi
auprès de son provincial n’est pas dans un salon mondain où commettre une faute « contre les lois de la forme et du langage » condamne à sortir du cercle. Il n’est pas non plus dans une chambre tranquille et chauffée, avec
quelques livres pour s’assurer dans l’écriture. C’est un prisonnier décharné et affamé, auquel il manque un pouce et dont le corps est tout entier meurtri. Mais chez lui, la sainteté s’ouvre à la culture humaniste. Elle en est
l’achèvement.
Isaac Jogues est né à Orléans en 1607. Il entre au
noviciat de la Compagnie de Jésus le 24 octobre 1624. Il est envoyé au Québec le 2 juillet 1636.
En août 1642, il est fait
prisonnier par les Iroquois alors qu’il remonte le Saint Laurent. Le sport local veut qu’on le fasse souffrir. Il n’y échappe pas. On prévoit même de le tuer. On va finalement l’épargner. Les enfants l’aiment beaucoup. Il apprend
d’eux l’iroquois. Puis, parce qu’il continue à rêver, il comprend que ce camp n’est pas seulement une prison, mais aussi la maison du Père, « ce palais tout ravissant ». Il décide de ne pas s’enfuir. Mais des hollandais lui
proposent de venir avec eux. Il prend le temps de discerner. Finalement, après une nuit de réflexion, il part secrètement et se laisse accueillir par ces protestants. Il retourne en France en passant par l’Angleterre. En 1644, il
revient au Québec.
A peine arrivé, on lui
demande d’aller négocier la paix entre Iroquois et français. Sa connaissance de la langue fait de lui un homme providentiel. Il hésite. Ses supérieurs ordonnent. Il exprime très loin ses doutes ; il connaît la duplicité de ces
indiens. L’ordre est maintenu. Il part le 16 mai en disant : « Ibo et non redibo », « Je vais et ne reviendrai pas ». Effectivement, il ne reviendra pas.
Ces jésuites désiraient d’abord servir les Hurons - ces frères indiens si différents - et se dépouiller d’eux-mêmes jusqu’à la croix. Ils furent assassinés au cœur de forêts qu’ils avaient été les
premiers européens à pénétrer. Leurs corps, martyrisés à l’extrême, furent abandonnés dans des immensités dont nul n’avait tout à fait l’idée au XVIIe siècle. Ils auraient dû être oubliés. Dieu ne voulut pas que son œuvre reste
enfouie sous le boisseau. Leurs noms et leurs actions furent rapidement exposés en pleine lumière. Ils furent canonisés par Pie XI en 1930.
ANIA Infos n°5 et 1
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