Eglise Saint-Ignace

église des jésuites à Paris                 


LA LITURGIE, SOMMET ET SOURCE

DE LA VIE DE L’ÉGLISE

40ème anniversaire de la Constitution sur la sainte Liturgie, du Concile Vatican II (1962-1965).

"Il faut rendre grâce à Dieu pour le passage de son Esprit dans son Eglise qu'a été le renouveau liturgique" a dit le Pape Jean-Paul II lors du 25° anniversaire de la Constitution conciliaire sur la Sainte Liturgie. Aujourd'hui, pour le 40° anniversaire, l'homme qui est le cérémoniaire des célébrations liturgiques du Pape, à Rome et dans ses voyages à travers le monde depuis le début du Pontificat, s'exprime sur la liturgie dans la vie de l'Eglise.

A partir de la réflexion sur la nature et sur les effets de la liturgie prend forme l’aspect peut-être le plus remarquable de la Constitution, qui est devenu un véritable adage théologique : « La liturgie est le sommet vers lequel tend l’action de l’Eglise et en même temps la source d’où découle toute sa vertu » (SC, n.10). Autrement dit, pour la Constitution Sacrosanctum Concilium (4 décembre 1963), le but essentiel de l’Eglise est de faire participer les croyants au mystère pascal, mystère qui se manifeste et qui est mis en œuvre de manière plénière lorsque l’Eglise est convoquée en assemblée liturgique, spécialement le jour du Seigneur pour la célébration eucharistique.

La promotion de l’éducation à la liturgie

Si telle est la nature de la liturgie et son importance dans la vie de l’Eglise, « dont nulle autre action de l’Eglise n’égale l’efficacité » (SC, n.7), on comprend l’invitation pressante de la Constitution à promouvoir pour les chrétiens l’éducation à la liturgie. Former à la compréhension de la liturgie signifie permettre aux fidèles d’entrer en contact avec l’essence même du mystère chrétien. C’est pourquoi on affirme : la liturgie «est la source première et en même temps indispensable à laquelle les fidèles doivent puiser un esprit vraiment chrétien (SC, n.14). Définir la liturgie comme la source première et la source indispensable à laquelle les chrétiens peuvent puiser l’esprit de leur foi signifie réaffirmer le lien essentiel qui unit la vie du chrétien et la liturgie. La liturgie n’est pas d’abord une doctrine à comprendre, mais une source intarissable de vie et de lumière pour l’intelligence et l’expérience du mystère chrétien. Pour la Constitution, l’Eglise doit garantir à tout chrétien une vie liturgique authentique, car, pour la qualité de sa vie de foi, il faut une profonde syntonie entre ce que la liturgie transmet et ce que lui-même vit, selon la formule liturgique reprise par la Constitution : que les chrétiens « gardent dans leur vie ce qu’ils ont reçu dans la foi » (SC, n.10).

La participation à la liturgie

C’est cette finalité que vise le désir de l’Eglise, dont la Constitution liturgique se fait l’écho : « La Mère Eglise désire fortement que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques » (SC, n.14). Insistant sur la qualité de la participation à la célébration liturgique, la Constitution rappelle avec force que, dans la liturgie de la Nouvelle Alliance, tout chrétien est pleinement Leiturgos, en ce sens que l’offrande de sa vie, en communion avec le sacrifice du Christ accompli une fois pour toutes, est le culte spirituel agréable à Dieu. L’offrande existentielle exige donc la participation consciente, pleine, active, intérieure et extérieure à l’offrande sacramentelle. Cependant, le chrétien qui célèbre sa foi doit accorder le primat à l’intériorisation, c’est-à-dire à l’appropriation personnelle de ce qu’il écoute et de ce qui s’accomplit dans la liturgie. Seule une authentique intériorisation garantit une extériorisation capable d’exprimer ce qui est vécu en profondeur. Tel est le mode pleinement actif pour vivre la liturgie comme le veut la Constitution Sacrosanctum Concilium.

Mgr Piero MARINI

Maître des célébrations liturgiques du Saint-Père.

Extraits de la préface du livre

« Renouveau liturgique, Documents fondateurs », Cerf, 2003, 126 p.