Eglise Saint-Ignace

église des jésuites à Paris                 


Œcuménisme : un appel

Le Groupe des Dombes est un groupe œcuménique, fondé en 1937.

Il est constitué de vingt théologiens protestants (luthériens et réformés)

et de vingt théologiens catholiques.

Les Pères jésuites Bernard Sesboüé, Jean-Noël Aletti et Michel Fédou en sont membres.

La recherche œcuménique récente a permis de mieux cerner les différences qui demeurent au sein du consensus œcuménique dans nos ecclésiologies. Le moment n'est-il pas venu d'exercer ensemble le discernement de ce qui est différence légitime compatible avec l'unité et divergence séparatrice qui doit être surmontée ? Chaque Église prendrait alors les décisions qui s'imposent pour surmonter ces divergences.

Dans le domaine de la doctrine de la foi, de nombreux dialogues, multilatéraux et bilatéraux, ont été entrepris depuis vingt-cinq ans. Même s'ils ont encore besoin de prolongements, le moment n'est-il pas venu, non seulement d'en dresser le bilan, mais de les conduire à leur terme, c’est-à-dire de les faire passer, chaque fois que la chose est possible, du statut de documents de commissions interconfessionnelles à celui de nouvelles expressions de la foi, faisant autorité, même si elles sont encore limitées et incomplètes, et d'en tirer toutes les conséquences pour la vie des Églises ?

Les progrès qui ont été accomplis en direction de l'unité invitent nos Églises non seulement à poursuivre avec résolution le dialogue doctrinal dans lequel elles sont déjà engagées, mais plus encore à s'interroger sur le comportement effectif des communautés chrétiennes. Force est de reconnaître que certains gestes de réconciliation, dont le principe est théoriquement acquis, n'ont pas encore trouvé leur mise en œuvre concrète. Là même où des éléments d'accord ont été réalisés, ils ne donnent pas toujours lieu aux comportements ecclésiaux et confessionnels qui leur seraient conformes.

Nombre de paroles ont été dites, nombre de textes ont été écrits; mais les actes se font trop souvent attendre, et cette situation s'aggrave à mesure que les années passent. Puissent nos communautés avoir le courage de confronter leur pratique avec les convictions que le mouvement œcuménique a déjà accréditées. Puissent-elles progresser à la mesure de leurs conversions, et célébrer aux moments opportuns les actes de réconciliation qui symboliseront les seuils franchis. La conversion confessionnelle sera ainsi au service de la conversion ecclésiale et permettra à l'Église de donner un témoignage crédible de sa conversion au Christ.

Groupe des Dombes

Pour la conversion des Églises,

Centurion, 1991, p. 104-105