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Ordonnés pour servir
João, Paulo, Christian, Éric et Sylvain
« Oui, il y a des derniers qui seront premiers et des premiers qui seront derniers »
(Luc 13,30)
Sans nul doute Jésus veut rappeler, hier comme aujourd’hui, que l’accès au
salut ne peut s’appréhender à partir de la seule appartenance ou non appartenance au peuple de Dieu, celui d’Israël, à l’Église ou à un statut dans l’Église, fût-ce celui de ministre ordonné. « Oui, il y a des derniers qui
seront premiers et des premiers qui seront derniers ! » Cette maxime exprime la générosité, la liberté de Dieu, son désir de salut pour tous. Elle invite l’homme à l’humilité, à la conversion, à la recherche des derniers plus
qu’au souci d’être des premiers.
Nous autres, les baptisés, nous en sommes les témoins, les messagers. L’Église
est cette communauté, signe au milieu du monde, du désir de Dieu de sauver tous les hommes.
En restaurant le diaconat permanent lors du concile Vatican II, l’Église
catholique a voulu redonner vie à ce ministère ordonné, signe du souci du Christ pour les plus éloignés, les plus pauvres, les plus démunis. Elle a voulu rappeler que l’Église n’est pas l’Église du Christ si elle ne se construit
pas avec le souci des démunis, des petits, de ceux qui n’ont pas entendu parler du Dieu de tendresse et de miséricorde, du Dieu de bonté, si elle ne se construit pas avec eux.
Les diacres permanents rappellent par leur ministère cette exigence
missionnaire, ce souci de rejoindre ceux qui sont loin, cette nécessité de ne pas se replier sur nous-mêmes. La communauté chrétienne n’existe que pour le monde et que pour être signe en son sein du désir universel de salut de
notre Dieu. N’oubliez jamais que l’ordination diaconale inscrit dans votre cœur, dans votre être, dans votre vie, dans votre mission, le souci de l’annonce de l’Évangile à ceux qui ne l’ont jamais entendu ou qui ont cessé de
l’entendre. Vous êtes aujourd’hui ordonné pour cela.
Et puis, je voudrais revenir à l’évangile pour regarder Celui qui dit :
« Il y a des derniers qui seront premiers et des premiers qui seront derniers », regarder le Seigneur Jésus vivre cette phrase dans son propre destin. N’est-il pas le premier, Lui, le Fils unique ? Et voilà que montant à
Jérusalem pour y connaître la passion, la mise à mort, il rejoint la place même des derniers ! « Il sera compté au nombre des pécheurs ! » Chrétiens, nous sommes les témoins de ce Jésus. Nous sommes, nous aussi, appelés à
prendre la route de Jérusalem, celle qui mène au salut, non pas dans le triomphe mais dans le dépouillement. Non pas dans les certitudes mais dans la confiance, non pas dans la domination, mais dans le service.
Nous touchons là sûrement à un des traits de la spiritualité chrétienne.
Sans nul doute c’est un des traits de la spiritualité diaconale : prendre le chemin des derniers, prendre même le visage du dernier, aller même, s’il le faut, à en avoir le sort pour que resplendisse de façon plus claire encore la
puissance d’amour de Celui qui a été jusque là pour notre salut et le salut du monde. Quelle profondeur d’amour !
Avancez avec confiance. Mais gardez toujours les yeux fixés sur Jésus qui
monte vers Jérusalem prendre un visage semblable à celui du dernier, Lui qui a été envoyé par le Père pour le salut de tous.
Monseigneur Georges Pontier
évêque de La Rochelle et Saintes
Vice-Président de la Conférence Épiscopale
Ordination diaconale de Marc
cathédrale Saint-Pierre de Saintes
26 août 2001
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