Celui qui l’avait élue
Était un homme droit
Quand il sut
Il n’eut aucun reproche
Il eut honte pour elle
Il l’aimait
Elle se tut
Elle avait dit Amen
C’était son dernier mot
Dieu l’y avait enclose
Elle avait su depuis le jour de l’Ange
Que naîtrait d’elle un fils non reconnu
Le sans nom l’enfant de personne
Dieu Fils de Dieu
Si Dieu
Ne se donne à connaître
Comme il pensait à Marie
Un Ange vint et lui dit
Ce Verbe qu’elle mûrit
Ne pouvant le dire
Joseph pleura Il aimait Marie
Mais il ne disputa pas et il crut
Et adora l’enfant non né
Plus qu’aucun homme d’aucun fils |
Qui le reconnaît
Marie regarde son ventre
Que dira-t-on
La Vierge attend un fils
Le fils de l’homme
Joseph les entend rire
Déjà
Il veut couvrir la honte
Qu’elle n’a pas
Ainsi soit-il S’il me croyait
Parjure Seigneur tu serais
Menteur à ta promesse
Infidèle à ta foi
Mais tu es toi tu es fidèle
Mon innocence est ta fidélité
Le lieu de ta promesse
Est ma virginité
Ainsi soit-il
Il mérita d’être nommé son père
Lui qui jamais n’en reçut le nom et jamais
Dans sa modestie très vénérable
Sa très mémorable discrétion
Veillant sur Dieu jour après jour
En son apprentissage d’homme
Jamais ne se crut digne
De la paternité
Joseph |