Eglise Saint-Ignace

église des jésuites à Paris                 


SONGE DE JOSEPH

 

Celui qui l’avait élue

Était un homme droit

 

Quand il sut

Il n’eut aucun reproche

Il eut honte pour elle

Il l’aimait

 

Elle se tut

Elle avait dit Amen

C’était son dernier mot

Dieu l’y avait enclose

 

Elle avait su depuis le jour de l’Ange

Que naîtrait d’elle un fils non reconnu

Le sans nom l’enfant de personne

Dieu Fils de Dieu

 

Si Dieu

Ne se donne à connaître

 

 

Comme il pensait à Marie

Un Ange vint et lui dit

Ce Verbe qu’elle mûrit

Ne pouvant le dire

 

Joseph pleura Il aimait Marie

Mais il ne disputa pas et il crut

Et adora l’enfant non né

 

Plus qu’aucun homme d’aucun fils

Qui le reconnaît

 

Marie regarde son ventre

Que dira-t-on

La Vierge attend un fils

Le fils de l’homme

Joseph les entend rire

Déjà

Il veut couvrir la honte

Qu’elle n’a pas

 

Ainsi soit-il S’il me croyait

Parjure Seigneur tu serais

Menteur à ta promesse

Infidèle à ta foi

Mais tu es toi tu es fidèle

Mon innocence est ta fidélité

Le lieu de ta promesse

Est ma virginité

Ainsi soit-il

 

 

Il mérita d’être nommé son père

Lui qui jamais n’en reçut le nom et jamais

Dans sa modestie très vénérable

Sa très mémorable discrétion

Veillant sur Dieu jour après jour

En son apprentissage d’homme

Jamais ne se crut digne

De la paternité

 

Joseph

Père de la présence

Pierre EMMANUEL, Évangéliaire