Naissance le 22
janvier 1901 à Viña del Mar au Chili
J’ai besoin de toi…, je ne
t’oblige pas mais j’ai besoin de toi pour
réaliser mes projets d’amour. Si tu ne viens pas, il restera
une œuvre à accomplir que toi seul peux réaliser. Personne ne peut le faire
à ta place car chacun a sa part de bien à réaliser.
Mort de son père en 1905
Alberto a quatre ans.
Sa mère, ruinée, part pour
Santiago et réussit à éduquer ses deux garçons qui font leurs études au
collège de San Ignacio.
Entrée à
l'université en 1918
Alberto, très sensible au
drame du quart-monde, il voudrait entrer tout
de suite au noviciat des jésuites pour devenir prêtre des
pauvres.
Ce sera après des études de
droit et son service militaire; mais déjà, dans le quartier le plus
misérable de Santiago, il fonde un patronage puis un secrétariat social et
une école du soir.
Diplômé en droit en 1922, il entre au
noviciat le 14 août 1923
Rôle de la très Sainte Vierge Marie
dans ma vocation :
C'est elle qui m’a sorti du péché, qui m’a soutenu . combien de fois ai-je
eu recours à elle et avec quelle confiance ! Comme elle m’a aidé dans mes
examens, mes affaires, et même les choses sans importance !... à défendre ma
vocation face aux autres, là où tant ont échoué, dans mes inspirations… et
mon désir… de la plus haute sainteté. Je n’ai reçu aucune grâce qui ne me
soit venue par Marie.
Il fait des études de
littérature en Argentine, puis de philosophie en Espagne et de théologie à
l'université de Louvain en Belgique.
Méditation de retraite
Une fois considérée
l’attitude généreuse de donner à Dieu, notre Seigneur, tout ce que je
pourrai et tout ce que j’aurai - conséquence logique de la maîtrise absolue
de Dieu sur moi, du don de l’être que je possède par pure miséricorde
divine, de mon rachat très généreux et des innombrables dons particuliers-
une fois cela admis, l’homme dit : « Prends Seigneur et reçois… Je t’offre
tout ce que je suis et tout ce que je possède, je souhaite tout te donner,
te servir là où il n’y aura aucune restriction de mon don total. Pour moi, l’état
religieux est le don suprême des biens, des plaisirs, de la liberté. C’est
là que je souhaiterais te servir ; mon esprit tend vers cette direction à
moins que tu me manifestes de m’en écarter. J’y vais généreusement de tout
mon cœur et j’abandonne tout pour te suivre » .
Lettre à Manuel Larrain, le 24 août
1923
Ça y est, je suis jésuite, heureux
et content comme on ne peut l’être davantage sur cette terre. J’éclate de
joie et ne cesse de rendre grâce à notre Seigneur parce qu’Il m’a amené dans
ce véritable paradis où l’on peut se consacrer à Lui 24 heures sur 24 en le
servant et en l’aimant à toute heure et, où toute action est le fruit d’un
acte d’obéissance. Tu comprendras mon état d’esprit en ces jours. Rien que
de te le dire, j’en pleure presque de joie.
Ordonné prêtre en 1933
Lettre à Sergio Hurtado, le 8
octobre 1933
Me voici prêtre du Seigneur ! Vous comprendrez mon immense bonheur et, en
toute sincérité je peux vous dire que je suis pleinement heureux. Dieu m’a
fait la grande grâce de vivre heureux dans toutes les maisons où je suis
passé et avec tous les compagnons que j’ai eus et je considère que c’est une
grande grâce ; mais maintenant en recevant l’ordination sacerdotale ‘in
æternum’ ma joie est à son comble, car comme nous le disions en
philosophie : « la puissance est arrivée à l’acte ». Maintenant je ne
souhaite plus qu’exercer mon ministère avec la plus grande plénitude
possible de vie intérieure et d’activités extérieures compatibles avec la
première. Le secret de cette adaptation et du succès se trouve dans la
dévotion au Sacré Cœur de Jésus, c'est-à-dire à l’amour débordant de notre
Seigneur, à l’amour que Jésus en tant que Dieu et homme a pour nous et qui
resplendit dans toute sa vie.
Si nous pouvions dans notre vie garder à l’esprit l’idée suivante : que
pense le Cœur de Jésus de cela ? Que ressent-il de telle chose ?…
Et si nous essayions de penser et
de ressentir comme Lui, comme notre cœur en serait grandi et notre vie
transformée.
Conférence
Le problème de la vocation
sacerdotale est un problème chrétien dans tous les sens du terme, qui
intéresse non seulement quelques élus qui pourraient réfléchir à leur
vocation, mais c’est celui de tous les chrétiens : problème des parents qui
voudront donner une éducation chrétienne à leurs enfants, problème des
jeunes qui ont besoin d’un guide dans leurs années difficiles pour les
diriger dans leur crise d’adolescence, problème des pauvres qui ont besoin
d’un père qui s’intéresse à leurs besoins; problème de ceux qui aspirent à
fonder un foyer et qui auront besoin de quelqu’un pour guider leur
conscience, d’un accompagnateur spirituel; problème de ceux qui n’ont pas la
foi, de ceux qui refusent de voir,- ce qui est encore plus effrayant-, et
qui ont besoin que quelqu’un leur tende la main de manière désintéressée
pour les sortir de l’enfer dans lequel leurs passions les précipitent;
problèmes des malades qui chercheront en vain quelqu’un qui les encouragera
à entrer sereins dans l’éternité et qui consolera leurs parents et amis.
Toute la vie chrétienne est concernée par le prêtre et tout le monde devrait
s’y intéresser pour que leur nombre soit de plus en plus grand et surtout
pour qu’ils grandissent en esprit.
Témoignage de Damian Symon
Je l’ai connu quand il était
universitaire… il vivait dans un acte d’amour pour Dieu qui se traduisait
constamment par un acte d’amour pour le prochain. Son zèle, presque
débordant n’était que son amour qui se mettait en marche. Il avait un cœur
comme une marmite en ébullition qui a besoin d’une voie d’échappement.
Affecté à la formation de
l'Action catholique, il sera nommé en 1941, aumônier national de la jeunesse
de l'Action Catholique.
Méditation
Nous ne pourrons pas devenir
pleinement chrétiens si, en nous contentant d’une certaine fidélité à la
pratique, d’une certaine sérénité de l’âme et d’un certain ordre purement
intérieur, nous nous désintéressons du bien commun ; si en proclamant une
religion qui place au sommet de sa morale les vertus de justice et de
charité, nous ne nous demandons pas constamment quelles sont les exigences
qu’elles nous imposent dans notre vie sociale où ces vertus trouvent
naturellement leur application.
Je ne doute pas que si le Christ
descendait à San Cristobal cette nuit bouillante d’émotions, il vous
répèterait en regardant la ville sombre : "je la plains", et se tournant
vers vous, il vous dirait avec une tendresse infinie : "vous êtes la lumière
du monde… voulez-vous collaborer avec moi ? voulez-vous être mes apôtres ?"
Un matin d'octobre
1944, au cours d'une retraite qu'il dirige pour un groupe de dames, il leur
fait part d'un événement qui l'a bouleversé :
Je me souviens, il y a peu, un de
ces jours pluvieux de printemps, d'un pauvre homme atteint d'une très forte
angine, grelottant, bras nus, qui ne savait où se mettre à l'abri... Et cet
homme, c'est notre frère, un enfant de Dieu comme nous.